Les états démocratiques sont des états faibles par rapport aux états non démocratiques. Les multitudes de libertés aboutissent souvent à des libertés négatives qui viennent percuter le déroulement des choses. Plus que des oppositions, les contestations aboutissent à des dictats qui n’ont pour but que celui d’imposer au reste de la société les idéologies qui ne sont pas les siennes. La démocratie devient alors l’art d’empêcher ou d’obliger. On assiste à un envahissement de l’espace politique par des groupuscules certes structurés mais dont la représentation populaire est infime. Le plus crispant est que les gouvernements ne pouvant faire la part des choses au nom des libertés fondamentales favorisent le développement des idées loufoques. Pire, en se substituant à la religion qu’ils ont fini, via la laïcité par évincer, les états dépassent la tolérance ils forcent maintenant à aimer. ‘’Tu aimeras les LGBT comme toi-même sinon tu prends trois mois fermes.’’ Tu montreras par exemple que tu les aimes en portant un maillot de football couleur arc en ciel. (L’ailier du TFC Zakaria Aboukhlal a refusé de porter ledit maillot, tout comme Mostafa Mohamed. Ils ont été sanctionnés par leur club respectif). ‘’tu ne seras ni raciste ni xénophobe dans ton âme, sinon même punition’’. Les réalisateurs de films pour être subventionnés doivent intégrer dans leurs scénarii des personnages de couleur, des handicapés physiques ou mentaux, des LGBT, des wokistes, etc. Il ne faut pas s’étonner si le cinéma affiche des productions le plus souvent lamentables. L’état veut plaire à tout le monde alors au wokisme on accorde l’écriture inclusive afin de respecter les personnes non binaires. Combien sont-elles en France ? Doit-on adapter à toute la littérature française cette forme d’écriture ? La politique aujourd’hui force à aimer.

Ne pas aimer quelque chose ne signifie pas être intolérant ni vouloir la combattre. Ne pas être Charlie peut vouloir dire, condamner au plus profond de soi les assassinats et ne pas approuver d’être traité de pauvres cons parce qu’on croit en Dieu. Penser que l’avortement est la suppression d’une vie n’est pas condamnable si certains abrutis opposés à cet acte, n’appliquent pas leur idéologie en allant détruire des maternités. Idem pour la destruction des boucheries, ou le badigeonnage des œuvres d’art, toujours par idéologie.

Tous ces groupuscules exploitant les lenteurs extrêmes dans la prise de décision du bien fondé ou non de leurs idéologies pratiquent la politique de l’escalade des exigences toujours plus choquantes pour le citoyen lambda. (Autoroute A69, arrêt du chantier. Perché dans un arbre Thomas Brail, est un militant écologiste qui défie le projet d’A69. En grève de la faim depuis plus de 20 jours contre le projet d’autoroute reliant Toulouse à Castres le militant vient d’obtenir gain de cause malgré près de 300 millions déjà investis dans ce projet depuis le 28 févr. 2025.

Accepter l’altérité est une chose louable, forcer d’aimer est autre chose. On ne greffe pas un sentiment comme on greffe un rein ou un cœur. Tous ces changements sociétaux forcés ne sont pas sans effets. Ils distillent lentement chez ceux que ces changements percutent, du ressentiment voire de la haine qui, à terme, peut se traduire au pire par un Sarajevo bis, au mieux par des élections comme celles de Trump, Orban, ou faire le terreau fertile d’un Beppe Grillo ou encore le Mouvement 5 étoiles en Italie, Front national en France, Nouvelle Alliance flamande, FPÖ autrichien, Jobbik en Hongrie, Union démocratique du centre en Suisse, Parti de la liberté néerlandais, Parti du peuple danois, Aube dorée en Grèce…car partout en Europe, les partis populaires et xénophobes renaissent et fleurissent, rencontrant des succès électoraux surprenants et de plus en plus souvent spectaculaires.

Les gouvernants devraient prendre en compte la frustration que génère cette espèce de paralysie des réactions de ceux qui pensent différemment et qui finissent par adhérer au populisme.  Certes d’autres facteurs mènent à la radicalisation des populations comme l’immigration clandestine.

En voulant se substituer à la religion l’état fait fausse route comme je le dis précédemment, on ne greffe pas des sentiments comme on greffe un rein. Le racisme pourrait ne plus exister si 100% de la population mondiale était métissée et encore un apartheid entre les personnes à la peau marrons un peu plus clairs que celles à la peau marrons un peu plus foncés, pourrait voir le jour. J’ai la conviction que le racisme est incrusté dans le génome humain. Il est lié à la peur de l’altérité.

A terme cette politique de vouloir homogénéiser les sentiments est contreproductive. Les américains ont fini par élire très largement une espèce de guignol imbu de son pouvoir et vu par son électorat comme un Messi dont la mission est la guerre à l’évolution des sociétés. Evolution prise pour une décadence inexorable de la civilisation.

L’Eglise avait le pouvoir de l’introspection. Dans son for intérieur l’homme ne pouvait pas tricher sur ses sentiments, il était lisible par Dieu qui attendait son trépas. Les Etats n’ont pas ce pouvoir, ils suscitent la comédie humaine et par voie de conséquence, la violence.

Seule notre âme peut nous forcer d’aimer.

DS